La révolution numérique est en marche : la musique, les photos, les vidéos et de plus en plus de ressources papier (factures, dossiers médicaux, …) passent au format numérique.

Quelles implications pour l’enseignement à l’université ?

L’avènement des technologies cloud amorce une révolution dans nos manières de gérer les ressources. Puisqu’il est aujourd’hui possible d’enregistrer des données dans un espace web abstrait accessible de partout (le nuage) et puisque des moteurs de recherche nous permettent de retrouver une ressource sur base de quelques mots-clés, nous devrions bientôt être dotés d’une e-mémoire infaillible !

C’est la thèse défendue par les auteurs du livre « Total Recall » [1]. Depuis 1995, ces ingénieurs en informatique travaillent à faire disparaître le papier de leur vie en exploitant les nouvelles technologies. Selon eux, l’enjeu essentiel du monde éducatif de demain ne serait plus de transmettre des connaissances, mais de transmettre une architecture virtuelle, une carte mentale pour mieux appréhender la masse de connaissances numériques disponibles aujourd’hui.

L’évolution technologique aura aussi un impact sur nos manières d’apprendre.

Selon plusieurs auteurs ([2] et [3]), d’ici moins de 25 ans, le principal lieu d’apprentissage ne sera plus l’école et l’université au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Les cours seront organisés au moins de manière hybride (en présence et en ligne), voire complètement à distance. L’enseignant n’agira plus en posture d’expert, mais bien comme un coach. Sa mission principale ne sera plus de transmettre des connaissances mais bien d’apprendre à apprendre :

  • – apprendre aux étudiants à trouver les ressources nécessaires pour leur apprentissage,
  • – leur donner des moyens de s’approprier les connaissances et d’évaluer leurs acquis.

La motivation de ces apprenants isolés sera maintenue par l’adhésion à un réseau virtuel de personnes partageant les mêmes centres d’intérêt, interagissant dans une logique de partage quels que soient leur âge ou leur expérience.

Ce processus se poursuivra tout au long de la vie, au fil des expériences professionnelles et en fonction des besoins individuels.

Tout cela, dans moins de 25 ans… Qu’en pensez-vous ?

[1] « Total Recall » de Gordon Bell et Jim Gemmel (Flammarion)[2] « Rethinking Education in the Age of Technology: The Digital Revolution and Schooling in America » de Allan Collins et Richard Halverson (Technology, Education-Connections, the Tec Series)[3]  « The next 25 years ? : future scenarios and future directions for education and technology » K.Facer et R.Standford paru dans le Journal of Computer Assisted Learning (2010), volume 26, p74-93