Le professeur qui écrit au tableau tout en faisant face aux spectateurs… c’est ce que permet ce tableau 2.0. Dans cet article, nous évoquerons le principe technique général, la réalisation de l’outil ainsi que notre expérience de son utilisation dans les vidéos pédagogiques.

De quoi parle-t-on ?

Habituellement, lorsqu’un professeur écrit au tableau, il tourne le dos à ses élèves. Dans le cadre des vidéos de MOOCS, l’un de nos points d’attention est de conserver autant que possible le contact visuel entre le professeur et les apprenants qui visionneront la vidéo. La solution est d’utiliser un tableau transparent et de placer les élèves face au professeur. Cette façon de faire n’est évidemment applicable que dans le cadre d’une diffusion par vidéo interposée (qui permet d’inverser l’image), le texte étant écrit à l’envers du point de vue du spectateur !

Le principe : beaucoup de réflexion… et un peu de réfraction

Le lightboard fait appel à deux phénomènes optiques : la réflexion et la réfraction.

Globalement, comme pour une fibre optique, les rayons lumineux se propagent dans l’épaisseur du verre (ici verticalement au travers de la vitre). Le verre étant significativement plus dense que l’air et l’angle d’incidence des rayons lumineux étant très important, toute la lumière est réfléchie dans le verre (elle y reste prisonnière) et n’en sort qu’au niveau de la tranche opposée à la source lumineuse. Ce phénomène de réflexion totale est possible grâce à la différence importante de densité entre les deux milieux (l’air et le verre) ainsi qu’à la position de la source lumineuse (sur la tranche du verre).

Si nous influons sur l’un de ces paramètres, à savoir la différence de densité entre les matériaux en plaçant un liquide (encre) ou même son doigt sur la vitre, que se passe-t-il ?

La densité du liquide est plus proche de celle du verre que de celle de l’air; la différence de densité n’est plus suffisante pour permettre la réflexion totale des rayons lumineux et une partie de ceux-ci sortent du verre pour se propager dans le liquide: nous avons affaire à un phénomène de réfraction. Si en plus ce liquide est fluorescent…vous observez le résultat.

En pratique

Vous pouvez construire le tableau de verre par vos propres moyens, mais nous avons opté pour un modèle prêt-à-l’emploi : https://www.tableauxblancs.be/

Notre premier essai n’incluait pas d’éclairage autre que celui destiné au professeur, nous filmions sur fond blanc et des marqueurs conventionnels étaient utilisés.

Mais la lisibilité de ce qui était écrit sur la vitre était insatisfaisante. Nous avons alors fait évoluer la technique vers le tableau lumineux sur fond noir. Pour ce faire nous avons fixé des barres de leds (éclairage domestique) sur les tranches supérieures et inférieures du verre.

L’utilisation de marqueurs fluorescents parachève la mise en oeuvre de ce nouveau système qui a rapidement suscité l’enthousiasme de tous les professeurs dont le cours en ligne était en cours de réalisation.

Cette technique nécessite d’être attentif à plusieurs difficultés techniques telles que :

  • les reflets dans la vitre;
  • l’éclairage du professeur lui-même;
  • les réglages de la caméra (gain, ouverture);
  • la mise au point très précise;
  • la zone utilisable (cadre de la vidéo);
  • les tailles et positions des schémas, etc

Il est nécessaire de prévoir une période d’expérimentation afin d’obtenir un résultat exploitable.

Au montage, on veillera bien entendu à inverser l’image afin de rendre le texte lisible mais on jouera aussi avec divers filtres de contraste, d’exposition et de renforcement afin de magnifier le rendu final.