Pour que le récit soit intelligible, tant dans le propos que visuellement, il existe quelques règles simples à respecter. Toute règle peut bien entendu être enfreinte, et cela fait régulièrement l’objet de tentatives de se singulariser, mais le résultat est souvent décevant.

La valeur de plan

Chaque valeur de plan porte un nom :

A vous de choisir la valeur de plan en fonction du contexte. Les plans plus larges seront utilisés afin de situer le lieu de tournage si cela est justifié. Les plans les plus serrés sur le visage du personnage portent l’attention du spectateur sur le regard et donc les sentiments exprimés. Dans le cadre de vidéos pédagogiques, ce sont en général les plans taille et poitrine qui sont préférés.

La règle des tiers

La façon de préserver la composition du plan choisi est de respecter la règle des tiers. Cette dernière consiste à situer approximativement la tête, le visage ou les yeux (en fonction du plan) sur une ligne horizontale imaginaire située sur le tiers supérieur de l’image.

Le regard

Lorsque nous écoutons un interlocuteur nous cherchons naturellement le contact visuel. Ce dernier est donc important également dans les vidéos pédagogiques. Si la vidéo veut exprimer le fait que le professeur s’adresse directement à l’apprenant, on privilégiera un cadrage face caméra, où le professeur regarde droit dans l’objectif de la caméra (comme s’il parlait à l’apprenant qui se trouve face à lui).

Exemple de cadrage avec un regard face caméra

Dans certains contextes, le sujet filmé ne s’adresse pas directement au spectacteur qui regarde la vidéo mais s’adresse à une tierce personne : journaliste ou intervieweur. La personne qui regarde la vidéo est alors spectatrice d’un dialogue qui se déroule entre deux autres individus. C’est le cas dans les reportages en général (JT…). Dans les vidéos pédagogiques, ce cas de figure est rencontré lors d’interviews d’experts par exemple. Dès lors, le sujet filmé ne regarde pas droit dans la caméra mais regarde légèrement de biais, car il parle en réalité à quelqu’un qui se trouve juste à côté de la caméra. Et ceci, même si l’intervieweur n’apparait pas dans le champ.

Examinez cela dans la vidéo suivante : on comprend, par le cadrage, que les enseignants parlent à un intervieweur, même si celui-ci n’apparait pas à l’écran et si l’on ne l’entend pas poser de question.

 

Dans ce type de configuration, on veillera à « laisser de l’air » dans le cadrage du sujet : on laisse de l’espace libre dans la direction vers laquelle le sujet regarde.

Les simulations de cadrage ci-dessous illustrent un mauvais exemple (manque d’air dans la direction du regard), suivi d’un bon exemple de ce point de vue.

 

La règle des 180°

Cette règle s’applique dans le contexte d’un dialogue entre deux personnes. Le principe est simple. Imaginons une ligne virtuelle (ligne de regard) entre deux personnages, tous les plans (principal, champs et contrechamps) devront être réalisés du même côté de cette ligne.

Dans le cadre des vidéos pédagogiques, ce cas de figure est rencontré lors d’un dialogue entre le professeur et un invité ou lors d’un débat entre deux professeurs.

Mais prenons un exemple imaginé à partir d’un feuilleton sentimental du midi, qui fait la part belle aux dialogues. Imaginons un riche dialogue entre deux personnages. Quelle est, à votre avis, la prise de vue correcte ?

L’exemple A est le reflet de la violation de la règle des 180°, il y a donc perte de la cohérence spatiale.

Appliquées à nos deux exemples, les prises de vue seraient réalisées de la façon suivante :

 

En fin de compte

Les éléments détaillés ci-dessus n’ont pour vocation que de vous guider, ils ne doivent pas nécessairement être respectés à la lettre.

Faites confiance à votre propre sens de l’esthétique et, pourquoi pas, tentez des choses si le contexte vous le permet.